Extase. Attente. Ecume. Petits pois sur l’infini comme des perles de nuages. Tendre étouffement. Lit de fakir sur un drap de velours. Linceul de soie. Des cailloux chauds dans mon vagin. Des escarpins crissent sur la neige. Un goût de fer. Un étal de poissonnier. Une rage. Un flipper. Pendu : un tapis rouge. Des paillettes comme des pleurs. Fleur de coton ensanglantée dans un vase de cristal. Emphasie : un gouffre où je me noie avec délectation. Premier instant, délices, étonnements. Coupe tête bigorneaux, réceptacle à rituels et fièvre en vomissure. Masse d’arme qui s’agite. Cœur bouillonnant reste sourd à la langueur des secondes. Silence, souffle, accroche. Paria dans les coulisses ; je m’insère. Marche à côté du Tendre. Te macule à la chaux dans mon giron. T’épingle aux clous rouillés, déguste et vibre. Parquet luisant, verge rougissante, faim étouffante, respiration oppressante. J’arrête la respiration. En apnée, sur un fauteuil ; je me branle. Un poisson en écailles de soie : Mon front, mon nez. Ma main, mes reins. La colonne de mes seins. Ma soif, mon vin. Mon cœur en offrande sur une écuelle d’argent. Je ne meurs pas : cette attente lancinante tue mes derniers orgasmes. Un malentendu en étau dans mes côtes, Un cotre anglais dans les mirettes Sur des flots tumultueux ; des attentes d’étreintes. Je me glisse dans un malaise en pétale de coquelicot fané sur ta joue. Je bois jusqu’à la lie, le verre aussi et la table je ronge et le parquet je me couche : respire fort. La mort en édredon. Je pare une liesse obscure. Respire l’air pollué. Velours rouge en chien de paille. Les dentelles empoisonnées habillent mon baril luxé. Un cliquetis d’ardeur : fondre, ne plus sentir que mon battement : dans la voie lactée comme au plus profond du gouffre. Impossible conciliation entre mes rêves et le parquet. Du sable dans les yeux : seul lien ténu d’un embrun partagé. Quelques lacs de montagnes subsistent parmi les vestiges de rochers. D’innombrables puits errent : l’eau croupie a autant la saveur du sel que de la boue. Volcan de Saturne ; tes reins. L’airain étiré dans ta main s’en va, du jour où j’ai bu ta chair. Les naseaux d’un dragon. S’alanguir dans les méandres. Un roi attend sans le soleil. Rêves brumeux sur les hanches l’étreignent. Un solitaire ; les vagues dans les yeux se promènent, se jettent sur les récifs, brament comme au printemps une langoureuse attente. Il prend à tout vent, se jette une fois, n’attend plus rien. S’en va maintenant. Fleuve de sang dans une marée de détresse. Une prune pour se retrouver la tendresse. Le parc du bout du lac ; la peur s’éteint. Et puis avant un rêve sur un drap sal : blancheur et décadence. Là où ça fait mal s’y engouffrer. Mais on y va, on se délecte de poivre de Cayenne. Un rameur avec ses chaînes, une île démesurée du nulle part, même pas de quoi y foutre une croix vermillon. Le velours des vierges ; les fleurs éclatent leur parfum. Je m’en humecte l’humeur. Ça réchauffe l’iceberg. La cathédrale se dévergonde. L’océan gronde. Le lino s’en balance. Le parquet se sent tellement suffisant. Je reviens en ballade. Malaise apprivoisé. Un renard-amitié. Des boules-quies dans l’cœur. Le velours est de mise dans une patrie de brume. De bruine en torrent, mes yeux se sont fait désert. Une enclume, à mes pieds. Je la promène. Une fleur bleue s’est pendue à un fil rompu. Une pie, deux corneilles, la matrice qui tiraille, s’emberlificote. Une bulle comme un bugle de châtaigne me sert de manteau, mais à l’envers, me fait ni froid, ni chaud. Quelques graines, complaisantes à l’amertume, se jurent bien de pousser sur les coteaux arides. Des brindilles aux allures de pendules se balancent dans l’alizé iodé. Les bulges buboniques fêlés ont tous sauté : je les ai enfermés. Dans un petit coffre d’éden et de suie, je l’entends respirer. Deux pies ; quelques planches, des voiles dans la brume, l’eau jusqu’au nombril. Ne reste qu’un mois pour que le pistil se révèle. Un mois d’espérance rompue. Une légère barbe cajole. C’est sûrement moins. Les empreintes comme des pattes de berces m’ont rompu les os. J’écris des laudes à Polyte que je prenais pour un Arthur ; faribole et danse ! Virevolte ! Dans mon ventre mille papillons clapent et crament. Une humeur éteinte d’un chalumeau maladif. L'on dessine mes formes sur du papier chloré. Traits malhabiles pour un corps maladroit. L'on me sculpte à plat ; glacier de pics et de rondeurs. J'en ressors vidée. Mon bassin exposé ; fantastique mais vide. Rien à donner. Des perce-oreilles en pluie sur mon corps, je les écrase un à un, dans un petit bruit sec. D'angoisse plus que de dégoût. Je ne sens plus rien. La sauge absorbe ma sueur. Je ne suis plus qu’une vague forme qui erre et clapote de l’air entre ses lèvres. Dans mon lit j’attends la croissance de mes cheveux. Il n’y a qu’un étage à grimper pour le charmant. Pas de quoi pavoiser. Pas de quoi rivaliser avec les contes de fées. Mais aucune sorcière ne me donne à manger. Je ne suis pas blonde. Je n’aime pas les chevaux. Je ne veux pas d’un prince. Raiponce est morte. Des va et des vient d'envies de poulpes ou de lapins. Me sentir forte avec des perles de lumières pleins les mains. M’endors de la tiédeur d’un ailleurs. Bras musclé, vit gonflé, voile au vent. Harpon au cœur, regard, sourire et musique blême. Rien qu’un instant de plus pour s’offrir cette étincelle, un brin d’opportunité pour s’ouvrir le temps, chavirer ; oser un pas nu glissant sur la neige, mourir un peu plus dans le gondolé d’un drap ensoleillé. Me faire réveiller de l’intérieur. Frissons, ivresse. Des mois ; fermer les yeux, me mordre. Serrer mâchoires, ventre, appendices. Crier mémoire, Tendre et supplice. Roi caramel d’aquilon. Macis de miel en condamnée. Fatigue à rendre ; Palais-nausée. Joie enivrante ; rien n’est allé. Pas même un filament d’étoile. Un souvenir. Un débris. Même la lune, même. T’écarquiller. Te denteler de perles fines. Te faire aller la candeur. Me faire aller l’essuie-glace. Ventre amer au matin me passe. Prendre un train pour saluer tes obstacles. Et sur l’océan ravie, goûter au mirage de myrrhe. D’airain en reins. Ne plus devoir partir en chasse. Reculer au fossé, miroiter. Tango bouger, s’abandonner et puis s’adonner. Un rayon, encore un rayon. Un goûter de chair moite et fragile. La montée au calvaire. Pas de croix dessus. Pas d’écho dedans. Un poisson qui vole, suffoque et s’assoupit. M’accroupit : écarlate. De la laque dans les poumons. Mes lèvres : béantes. A grands coups de morsures dans l'oreiller : ma mâchoire tressaille au rythme d'une sonate. A deux mains je m'entrouvre encore ; vibre. Le violon s'allège, s'envole. Tout à fait ouverte, ma bouche offerte à l'air froid : moiteur suffocante. Il n'en ressort que babioles surannées : la dentelle jaunie s'ébrèche. En pluie de poussière tombe : des flocons moites inondent ma carcasse béante et révèlent un charnier de papillons calcinés. Les pleurs au ventre ne s'écoulent plus aux petits matins brisés des appétits voraces, de ces nuits d'airain en décalage de soif. Je m'efface sous une montagne de draps souillés et cherche obscurément une rivière où Samson se baignerait, à mes cheveux vigueur redonnerait et à mes yeux Hérodiade ; me consumer. Fière et folle, attachée au bûcher : je serai chaste d'envies, pure de col. Le cygne à la voilure en héraldique avec moignon. Blanche sur fond gueule. Le cri des flammes lèche mon crâne. Loin devant la poupe et l'horizon. Le vent attise. Le vent brouille. Le vent promet. Le drapeau est au musée, entouré d'un cadre noir ; il est en berne. Il ne connaît pas l'océan, l'iceberg, les goélands. Triste morne, il soupire et s'éteint derrière la vitrine marbrée. Un cri solaire. Un vase clos fait de rires et de mythes. Un vol de pies peut-il contrer la danse incessante des araignées ? Je n'ai pas pris assez d'élan pour jouer l'intrépide. Me suis vautrée avant que de m'envoler. Je ne peux remonter : les murs boueux sont glissants et mes ongles arrachés. Mon espoir décharné finit par faiblir. Le vide appelle au vide. Que faire de quatre paires de tentacules quand on est linot ? Le poulpe qui est en moi gronde, s'entortille, frémit et se frustre de ne pas avoir d'ailes, d'être flasque et rampant, de ne pas chanter de légères ritournelles sur l'arbre aux pendus. Le guépard s’est caché derrière la colonne : caché, prêt à bondir sur mes mamelles-myosotis. Je mets des pilotis pour sortir de terre mes racines transparentes. Je tourne autour, le souffle court, gratte le parquet mais n’attrape rien sous mes doigts. Rien que des échardes sous mes ongles qui font des ruisseaux de sang. Je ne me ronge pas les phalanges. Je bois du vin. Mes doigts ont l’odeur du macis d’une insertion interne. Sacrilège de solitude. Bêtement si peu membrée de courage. Préférence au jardinage avec bouillotte plutôt qu’un caramel salé. Un cheveu décoloré en garrot sur mon cœur. Des tuiles bigoudènes me coiffent. Comme un nuage sombre passant sur mon front. Des tambours en guise de rythme de ma vie mortuaire. Mes yeux ouverts, avalent à foison et dans le désordre. Mon cœur est ouvert : le baril saigne. Un masque autour de mes yeux, ce n’est pas un loup mais des écailles de cœurs-diamant. Sur la tête ce n’est plus de boucles mais de massacre que l’on se coiffe. Dans mon regard amer, une trace de poussière, une vague lueur et des perles de lumière roulent. S’emmitoufler de feuilles mortes. D’anémones japonaises s’enivrer. Le songe règne sur le fantôme et le fantasme. Les taureaux sont gantés. Mais Morphée m'a abandonné. Un arbrisseau tout éteint au pied j'attends de l'allumer comme mille lampions de fête. S'étreindre à bout de souffle, à pleines lèvres ; à l'orée Diane me protège. Des vagues alizarines ruissellent de mes cuisses, me crispe d'inattendu. Mes selles sont de porphyre. Deux couleurs inégales qui ne se mélangent pas, se répulsent. Le carrousel tourne sans cesse, un carrousel métallique qui grince. Un orgue de barbarie entre les dents. Des envies qui tournent en rond, qui me raclent le palais. Rugueuse ma bouche happe. Je ne mords plus rien. Je n'ai plus de dents pour croquer la pomme. Lilith est avec Samson dans un HP de banlieue. Au bord du lac, les lumières fument. Au bord du lac, c'est pas la brume, c'est mon cerveau qui s'enfuit c'est pas la fête. Les pavés brillent sous mes pleurs. Dans l'eau du lac les étoiles jettent l'ancre. Les réverbères s'ennuient. Le lac pleut sur moi et moi sur le chemin. Je ne reçois rien ; pas de lettres, de baisers ; mais une croix. Je transperce du papier à la craie. Je m’arrache des idées. Je fais semblant comme pour de vrai. Ma tête dans une taie d’oreiller, revolver, rivages voilés. Et comme Pandore ; la boîte s’éparpille sur mon corps les crécelles. Mes aisselles ne sont pas de soie, mais elles sont trouées. Le sang perle sur moi, se mélange à la sueur. Je suis contente de moi. Haute et droite, la cuisse. Vas-y aspire, la porte halée! Tu es le matin blême. La mentule roide et lisse. Tu lèches, inspectes, insères. Floraison, cascade, photophore, toile de soie, lampions d'acier. Loin de marquer la piste pour la première fois ; derrière la porte : les lavandières. Je m'instruis, insémine la sève. Je recrache ton vit, vomis dans un mouchoir en dentelles. Crème de poison, jus faisandé. Tentacules flasques ; la porte attend sournoisement le claquage. Un clin d’œil à la nuit, à l'étoile, mes habits. A coup de griffes, chute de ravin. Marée en croûte sur les genoux cognés. Les escaliers fragiles, les hameçons, les lapins. Le citron dans les yeux. Des bulles de plomb. Des roulis dans mes draps. Je suis sale ; laurée de fange. Des enclumes dans la gorge. J'ai la nausée. Ca me passe. Je me passe du fil dentaire, une éponge sur le corps, des plumes sous les cils. Une balle dans ta nuque. Je t'arrache tes vices à coup de silex. Pendus au gibet ; connard gigote. Il est bleu. Il est drôle. Les bris de verres tombent comme des étoiles filantes. Course effrénée sous les gravats, grillade party, corps en solde. Mirage perspective, des breloques, du toc à la chaîne. Des nains, des nez trop longs. Des mensonges en cascade, comme des rafales de tram : toutes les trois minutes. Alérion dort, comme Endymion. Ne s'affole pas. Ni bec, ni pattes pour agripper la chaleur. Ni mentule, ni échardes à jamais l'aigreur. Alérion c'est mon manteau, mon alépine. Eté, hiver, sous ma crépine, je ramasse les salamandres séchées, rejetées par les souches en feu. Je ballote mes os, les dorlote, en fais des bibelots, des bijoux. Mes larmes comme des épines ; je les récolte. Fais pousser des onagres avant que la guerre vraiment n'éclate. Champ de balistes que je perd à vue, dans un silence inouï croît mais ne s'élance plus. L'autan reprend les graines; dissémine la fièvre. En courant je les rattrape, et dans les ruches mes obstacles, sur des cadrans, rayons bien alignés, je transperce les larves, la gelée, me remémore des drames de couvée. Il me faut bien clôturer un jardin qui jamais ne s'est offert. Un cénotaphe escroc : voilà la rengaine. Comme les petits bateaux en papier, en suie, en noyé, emmiragé. Perdue dans le chant des farauds pour sirènes, je retourne en arrière, me tourne sur le ventre, me cambre sereine. M'accroche au premier ferreur de cigale. Et une javeline, comme une teigne ; le semence fière des oublies du vent : mon cerveau saigne. Les offices sont servies ; mâtines, nones, vêpres : salut la compagnie! Bien reçu, bien soigné, les saltins m'ont tous abandonnés. Mon épave en carène, sur mon corps les cadènes. Couchée sur le flanc ; je soleil, ou fais semblant. M'abandonne au vent, au hasard d'un inconnu, un noroît, un simoun, un autan, un de ces incubes-là qui ne m'aura pas encore tossée. Les complies sont à dire : avec force de rage, moite douceur. Les orgasmes sans désirs et dans ma bouche la rancœur. Pudentiane en louche, je suis et larguée d'escarmouche m'en vais ravie, toute petite derrière une plinthe ou un chambranle. Je suis lazurée maintenant. Torsadée de fer broyé, balcon en fer forgé ; j'ai le malaise du cachalot, les racines d'un certain haricot, la carapace d'agonie. Le bruit d'Ulysse chez Circé, jamais ne ferai. Laurée d'orties, m'en sautille de Charybde en c'ui-là, et ce n'est pas demain que j'empêcherais mes chancres de faire gras. Mais mes os sont solidaires. A mon épaule un alcyon éphémère. Sur le bas côté quelques bas troués. Juste un peu plus loin un navire en partance. A l'horizon l'amer rougeoie, par intermittence, la balise me fait signe, mais je ne sais si je dois aller l'y cueillir.